Un truc qui m'énerve...
Par Olivier le mardi 12 octobre 2010, 15:58 - La photo, émoi, émoi, émoi... - Lien permanent
On assiste déjà à la disparition des journalistes, que certains croient pouvoir remplacer par des
"blogueurs" plus ou moins "influents". On va bientôt assister également à la
disparition des photo-reporters, puisque c'est bien connu,
n'importe qui peut faire un photo-reportage...

Et un petit
éclaircissement juridique à ce sujet, sur le blog de Joelle
Verbrugge...
Commentaires
Eh oui... c'est malheureux.. il faudrait retenter la même chose que pour la fois dernière, l'envoi de photos bidon venant d'autres manif', pour voir s'ils se laissent piéger..
Si quelqu'un a le temps de faire ça.. n'oubliez surtout pas de virer les exifs des clichés bien sûr...
Joëlle, si j'osais je dirais que tant de machiavélisme ne peut être que l'œuvre d'une femme !
Mais il faut avouer que l'idée est assez séduisante ; et puis piéger les journaux c'est un peu dans l'air du temps... l'idée mérite donc d'être creusée !
En tous cas, bienvenue à vous sur mon modeste blog...
Ah, mais est-ce que ce ne serait pas, en quelque sorte, "un prêté pour un rendu" ?
Puisque pendant ce temps ces mêmes photographes de presse tentent de faire croire qu'ils sont les nouveaux photographes, entendre par là les nouveaux auteurs, les nouveaux artistes de l'époque, avec l"appui de cette même presse qui, à défaut de les nourrir, leur offre son puissant soutien.
N'avons nous pas entendu durant le Slideluck Potshow à Paris la présentatrice annoncer les "Photographe" en parlant des photographes de presse et, tenez vous bien, les "photographes, heu, Fine Art ? enfin, je ne sais comment il faut dire, heu..." pour parler des auteurs-créateurs.
Il me semble qu'on entend ça ici toute la journée, formulé ou sous-entendu.
N'est-ce pas aussi cela, la nouvelle tendance qui se dessine ?
Et qui, sera le dindon de la farce, si à Perpignan ils ne programment que des reporteurs alors qu'à Arles on leur fait la part de plus en plus belle ?!
Moi, ce que j'en dis...
Amitiés.
Encore un grand merci pour votre belle participation à notre Grande Lessive.
C'est amusant je n'arrive pas à comprendre le fond du problème qui est de dire finalement que les amateurs n'ont pas le droit d'envoyer leurs photographies sur un compte FlickR auprès d'un journal à grand tirage. En effet le compte Flickr permet une diffusion sans téléchargement possible. A ma connaissance les images ne sont pas ré-intégrées dans des articles. Pour des amateurs plutôt que de garder une image le numérique permet de partager l'image. Doit elle être rémunérer ? Pourquoi pas, mais je ne vois pas les photographes pro se battre pour cela en tout cas pas dans ce que j'ai lu à l'UPC.
En fait je crois plus que c'est une question de qualité photographique qui donne de la valeur à l'image, son sens, ce que les professionnels maîtrisent mieux que les "amateurs". Chacun peut produire une photographie d'une manif, mais la photographie repose sur deux conceptions : le sens de l'image ce qu'elle dit et l'instant décisif. Face aux flots du numérique ce sont bien ces deux points (peut être en trouverez vous d'autres) qui me semblent donner de la "valeur".
Enfin l'auteur peut céder les droits de ses images - cf note de Joelle sur son blog et on assiste au développement des Commons Creative en photographie, concurrence apparemment déloyale.
Que faire du droit quand les pratiques commerciales franchissent, s'affranchissent des frontières ? Le numérique doit amener les photographes à penser leurs métiers différemment et à demander des évolutions vis à vis des nouveaux médias, tout comme l'a fait la Sacem avec google par exemple. A mon avis s’arque-bouter sur le droit français conduit à l'impasse et à accroître le malaise des photographes.
@ Flore ; effectivement, notre "culture de l'image" entraîne des dérives qui sont difficiles à combattre.
@ Yann ; plusieurs problématiques distinctes dans votre commentaire.
- L'UPP (ex UPC) ne se bat effectivement pas (pas directement du moins) pour la rétribution des images d'amateurs. Elle dénonce surtout le "DR" utilisé abusivement, soit sur des œuvres purement et simplement volées (n'ayons pas peur des mots), soit sur des œuvres pour lesquelles la recherche des auteurs ou ayant-droit n'a manifestement pas été faite.
- Lorsque Mr Paris Match achetait le "scoop" d'un photographe amateur, et qu'il déboursait pour cela plusieurs dizaines voire centaines de milliers de Francs, il se fendait au minimum d'une petite vérification de la source.
Aujourd'hui, on flatte l'égo de chacun en lui faisant miroiter quelques instants de gloriole, sous la forme, au mieux, d'un "Photo : Dugenou" sous l'image.
Vu qu'on ne paye pas et que la masse ainsi récoltée ne le permet pas, aucune source n'est vérifiée. Ce qui ouvre la porte au "mieux" à une information fausse ou incomplète, au pire à une information carrément bidonnée (et je ne parle pas du spectateur, qui sous prétexte que "c'est internet qui le dit", est prêt à avaler les plus longues couleuvres !).
Personnellement je trouve cela extrêmement préjudiciable à la crédibilité des média, quelle que soit leur forme.
Et pour finir sur ce sujet, les pratiques récentes tendraient à prouver que la tentation de "réintégrer ces images à des articles" ne va tarder à poindre...
- Le débat amateur/pro ne se joue pas, selon moi, uniquement sur le plan de la qualité. En photo comme en d'autres domaines, vous trouverez nombre d'amateurs dont la maîtrise technique est au moins égale à celle des professionnels. Il y a simplement que certains ont choisi d'en vivre, et d'autres pas. Que certains supportent des frais de production (déplacement,matériel, logiciels achetés...) que les autres supportent en moindre mesure. Que certains vont respecter une déontologie (je sais, c'est une notion vaguement désuète... et je le déplore !) alors que d'autres ne s'y sentiront pas forcément obligés. Etc, etc... Accepter de payer "un certain prix", pour un diffuseur, c'est aussi une façon de montrer son adhésion à ces "valeurs" . Mais là aussi, la tentation est grande de "faire comme si", de fermer pudiquement les yeux sur les "à peu près", et de traiter tout le monde de façon égale, de préférence de la façon la moins favorable aux professionnels.
Ceci étant, la photographie est en pleine (r)évolution technologique, et nombre de photographes pros remettent en question leur pratique. S'ils s'arc-boutent sur le Droit français, ce n'est pas tant pour refuser l'évolution, mais pour faire valoir leur droits élémentaires. De la même façon que certains se battent pour empêcher la fermeture de leur usine, qu'on prétend non rentable simplement pour pouvoir aller l'implanter dans un pays mon cher, donc encore plus rentable...
La réponse ainsi structurée me plait et évidemment le combat contre le DR me parait essentiel pour la suite (Midi Libre chez nous n'hésite pas à en abuser), je mettrai un bémol quoiqu'il en soit sur la vérification des sources. En effet les journaux flattent les egos des photographes, mais dans l'écriture et la rédaction d'articles de fonds, nous trouvons ce même phénomène (en particulier sur Agoravox au démarrage) qui s'étend à l'ensemble de la presse, les internautes complètent certains articles, révèlent les failles etc, et même pire rédigent pour certains avec une grande expertise sur des sujets de fonds sans en être rémunérer directement.
Quant à la révolution du monde photographique, la réflexion est quoiqu'il en soit difficile, mon métier étant d'accompagner les créateurs d'entreprise et les dirigeant d'entreprise je suis confronté régulièrement aux problématiques de concurrence et d'innovation, des prix qui tombent et de j'en passe. Le constat souvent fait est que le droit évolue toujours après coup et souvent en retard, et que si vous entrer dans un conflit judiciaire, il faut des moyens et du temps, ce qui fait que les petits, les photographes seuls, n'ont pas la capacité de poursuivre et de plaider face aux "éditeurs" en particulier s'ils sont à l'étranger.
Merci aussi pour votre commentaire à la rubrique expo, j'avais déjà identifié le "problème" et je travaille à mieux structurer ce travail.
Très cordialement,
@ Yann ; je prêche en priorité pour ma paroisse, mais ce problème du recours gratuit aux "amateurs" me hérisse le poil quel que soit les média concernés.
Et je persiste à croire que si certaines personnes sont capables d'analyser finement certaines situations, le métier de journaliste est... un métier ! Il suffit de lire (entre autres) "Le Post" sur internet, pour se convaincre de l'indigence analytique de certains rédacteurs, et de la non vérification de leurs sources.
Ceci étant, revenez quand vous voulez, vous êtes le bienvenu par ici... et surtout continuez à faire des photos !
