Il y a déjà 2 semaines que j'ai réintégré mon "chez moi", après 6 semaines passées en Finistère sud...
Dire que j'ai été conquis par la région serait un doux euphémisme. Les mauvaises langues me diraient d'y retourner en hiver, et que mon avis changerait certainement. Ce sont de mauvaises langues râpeuses !!! Je n'ai aucune illusion sur le caractère nettement moins enjôleur de la baie de Douarnenez, lorsqu'elle est plongée dans la brume et le crachin. Mais en bord de mer, la brume et le crachin prennent une saveur assez différente.
Je suis né au bord de la mer, et plus de 25 ans après avoir quitté ma ville natale (puis ma région d'origine), j'ai fini par réaliser que la mer me manque. Même lorsqu'elle n'est "qu'à" 75 km de distance. Elle manque à mes sens, elle manque à mes tripes, elle manque à ma "spiritualité", comme une personne chère peut manquer à ceux qui l'aiment...



(Baie de Douarnenez, depuis la plage de Saint Jean)


De ce séjour breton je garde également la redécouverte de mon attachement à la terre et au travail manuel ; curieuse sensation pour moi qui suis (ou qui croyais être...) ce que mon père appelle malicieusement une "fleur de HLM"...

Et en attendant que murisse le fruit, plus ou moins amer, de mes cogitations du moment et de ces semaines passées, il me plaît de citer Fernando Pessoa, qui écrivait dans son "Livre de l'intranquillité" :
"J'ai conquis, un petit pas après l'autre, le territoire intérieur qui était mien de naissance. J'ai réclamé, un petit espace après l'autre, le marécage où j'étais demeuré nul. J'ai accouché de mon être définitif, mais j'ai dû m'arracher de moi-même au forceps."