La boucle est bouclée...
Par Olivier le samedi 16 juillet 2011, 22:35 - Au quotidien... - Lien permanent
Il y a des jours comme ça où le hasard - qui n'existe pas - vous convie à
d'étonnants voyages...
Je suis allé pour la première fois à Lisbonne en 1991, et j'ai adoré cette
ville et ses habitants. Et c'est avec un égal bonheur que j'ai redécouvert ce
merveilleux endroit en 2009.
Je me disais justement ces jours-ci que j'y retournerais avec un plaisir
décuplé, cédant probablement à la tentation d'emporter avec moi un moyen format
argentique et une brassée de Tri-X 400...
Loin de ces considérations, je faisais ce soir un brin de rangement dans un
placard de la cuisine (j'ai une vie passionnante !)...
Intrigué par la photo qui agrémente les nouveaux "sac cabas" distribués dans
les hyper-marchés de Michel-Edouard, je retourne l'un de ces dits sacs dans
tous les sens, pour découvrir que l'auteur de l'image est Aldo Soares.
Petite recherche sur Internet, occasion de découvrir - parce que je ne connais
pas grand chose de ce photographe, en dehors de quelques parutions dans la
presse magazine - qu'il a effectué un travail consacré à Lisbonne et Fernando
Pessoa. Ce travail est visible sur son site, en cliquant sur la
galerie ad hoc...
On y voit ce qui, à mon sens, fait l'identité de cette ville : un mélange
de mélancolie et de joie de vivre, d'ombre et de lumière, de faste et de
simplicité. Le tout agrémenté de l'inoubliable musique de Madredeus, un de ces
titres tirés de la BO du film Lisbon
Story.
En allant regarder la bibliographie d'Aldo Soares, je vois qu'il a d'ailleurs
tiré un livre de ce travail. Un livre intitulé "desassossego" :
"inquiétude" en portugais, si justement transformée en "intranquillité" par
Françoise Laye, la traductrice de "Livro do desassossego", le fameux "Livre de
l'intranquillité" de Pessoa.
Cherchant quelque information concernant ce "desassossego" d'Aldo Soares, je
surfe sur le Web et arrive sur le blog de Pierre Assouline, qui a consacré un
billet à ce livre. Dans les commentaires du billet, quelqu'un évoque le
"nocturne indien" d'Antonio Tabbuchi, le plus "pessoesque" des écrivains
italiens. "Nocturne indien"
porté à l'écran par Alain Corneau, et magnifiquement illustré du très poignant
Quintet pour cordes de
Franz Schubert.
Musique qui me vient souvent en tête en ce moment, lorsque je me plonge dans la
lecture du "Livre de l'intranquillité" de Fernando Pessoa.
La boucle est ainsi bouclée !

Beco dos Frois, Graça, Lisboa...