Je fais de la photo.
J'écoute de la musique.
Et puis récemment j'ai appris à lire ! Des trucs épais et compliqués, comme par exemple "les raisins de la colère " de John Steinbeck, que j'ai relu avec grand plaisir. Ou le "Livre de l'Intranquilité " de Fernando Pessoa, que je butine à l'occasion, depuis presque un an...
Et aussi des livres plus abordables, plus légers (quoi que !...).
Parmi ceux-ci, deux récits m'ont particulièrement plu.
Le premier m'a été offert cet hiver ; "D'autres vies que la mienne ", d'Emmanuel Carrère, raconte la mort d'une petite fille dans le tsunami de 2004, l'amitié de deux juges boiteux tous deux rescapés d'un cancer, et la mort d'une jeune maman de 34 ans... Destins et histoires qui se croisent et se suivent, dans un enchainement qu'un romancier n'aurait pas oser imaginer. Une occasion pour l'auteur de tomber son masque narcissique, et de s'ouvrir aux autres et à leurs souffrances.

D'autres vie..., Emmanuel Carrère

Le deuxième m'a été conseillé par une amie ; "Le fils ", de Michel Rostain, est écrit à la première personne. Mais ce n'est pas l'auteur qui parle, c'est son fils.
Un fils unique qui vient de mourir à 21 ans d'une méningite fulminante. Et qui regarde ses parents se débattre avec cette nouvelle vie appesantie du chagrin ultime, celui de perdre son enfant. C'est très bien écrit, émouvant, souvent drôle.
Ironie du hasard (qui n'existe pas !), l'action se passe entre Quimper et Douarnenez (et un peu à Rennes, aussi). Ceux qui savent combien j'apprécie ce coin de Finistère sud souriront probablement...

Le Fils, Michel Rostain

Ces deux livres nous parlent de l'Homme, avec un grand H, capable d'expérimenter l'inconcevable, de s'extraire du sordide, d'y survivre, et d'y puiser même la force d'exister et de grandir, d'y trouver les fondements de la compassion et de l'empathie. Deux livres à coté desquels il serait, à mon avis, dommage de passer...


En guise de conclusion une petite image personnelle. Peut-être pour conjurer "quelque chose", peut-être parce que depuis quelques temps, je me sens cerné d'un peu près par les enterrements (comme disait Mr Georges...)

Tous morts !
"Tous morts !" (work in progress...).